Eith Prédatrice ultime
Nombre de messages : 991 Age : 37 Localisation : Vous sentez le souffle sur votre épaule? Date d'inscription : 07/11/2005
| Sujet: La mort dans le grand froid nocturne (par Nicolas / Serge) Mer 22 Mar - 16:34 | |
| Voilà un chti texte écrit par notre petit nouveau, Nicolas (Serge pr son deuxième compte, juste histoire de flooder, j'vous jure... ) zen pensez quoi? La mort dans le grand froid nocturne - Code:
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Très jeune encore, je fréquentais les magasins glauques qui vendaient d’obscurs films sur supports vidéos. C’était dans les années quatre-vingt. Agé d’une quinzaine d’années, c’étaient ces films étranges qui nourrissaient mon imaginaire. Barbès, le boulevard Magenta, la porte de Saint-Ouen étaient les antres où j’allais remplir mon esprit et charger mes bras de ces trésors inestimables auxquels je me camais, peut-être de façon plus sûre et plus dangereuse qu’en fumant des pétards… J’ai grandi dans cet univers, ce monde fait de séries z, de navets qui faisaient mon bonheur et m’apportaient autant et peut-être encore plus que mes auteurs privilégiés, surtout Buzzati, Gide et Cocteau, parmi beaucoup d’autres. Quand Corbucci, l’auteur de mon film adoré, « Le Grand Silence », est mort, je m’étais laissé embrigadé par un groupuscule d’extrême droite dont j’admirais et redoutais le cynisme et la froide intelligence. C’est eux qui m’ont petit à petit fait « déraper », jusqu’à l’internement en maison « spécialisée »… Mais revenons en au Grand Silence. Par cette froide nuit du lundi 6 mars 2006, je voudrais entonner par écrit un chant liturgique dans les immensités glacées du grand nord américain, dans les montagnes des Dolomites où le film fut tourné… Et je voudrais brûler un cierge en hommage à Silence et à Pauline en vous racontant la fin de cette œuvre magistrale qui hante à jamais mes nuits et mes plus secrets cauchemars… Silence ne parlait pas. Lorsque sa mère avait été violée puis assassinée et que son père s’était vu octroyé une balle en pleine tête, les hommes responsables du carnage l’avaient condamné à la mutité en lui tranchant d’un coup de couteau les cordes vocales… Dès lors, le but de Silence était de tuer. De tuer pour cicatriser sa blessure dont il ne pourrait jamais guérir. Même pas pour se venger… Simplement pour tuer et pour pouvoir supporter ainsi de survivre. Après avoir tué, était venu pour lui le moment enfin tant attendu et désiré de mourir. Son amour, la métisse Pauline avait elle aussi été violée… Il n’avait rien pu faire pour la défendre, car pendant ce crime, une brute épaisse lui avait plongé les mains dans un réchaud brûlant. Au prix d’une terrible lutte, les mains réduites à néant, il avait pu tuer les agresseurs. Mais sans plus pouvoir se défendre, sans pouvoir hurler sa douleur, il savait qu’il ne lui restait désormais plus qu’à mourir. Pauline a tout fait pour le dissuader de s’offrir ainsi à la mort… N’y va pas, tu n’as aucune chance, je ne veux pas te perdre, je veux te garder. Partons, je t’en supplie !!! Mais Silence ne peut pas fuir. Anéanti, annihilé, détruit, défait… Brisé comme un pantin dérisoire… Il sait qu’il n’a plus besoin de vivre, qu’il va enfin pouvoir se reposer, ne faire qu’un avec la neige… Se fondre à elle jusqu’à ce que son cadavre devienne poussière blanche. Et puis, cela l’ennuie profondément de vivre… Oui, cela n’est plus utile de survivre. Il en a assez. Il ne hait même plus, il ne ressent que de la lassitude et de l’indifférence. Silence ne se retourne pas quand Pauline lui crie son amour… Il a perdu toutes ses forces et ne peut plus sauver ceux qui ont encore peut-être besoin de son secours… Il est déjà mort. Devant le saloon, Tigrero le regarde avec un froid mépris. Il représente la force. La « Vraie » force. Celle des tortionnaires, celle des nazis, celle des intégristes islamiques… Celle du soldat américain qui lâcha la bombe atomique sur Hiroshima… Tigrero tire sur Silence. Celui-ci regarde son bourreau soudain stupéfait. Il a envie de hurler qu’il est encore vivant, que sa vie a encore un sens, loin du petit village, loin de Pauline, loin de sa mémoire, loin de ses peurs, loin du couteau qui le rendit muet… Il pleure une ultime larme, une larme de gel… Sur la neige coule le sang rouge de Silence, le sang de sa vie qui s’enfuit… Silence n’est plus un homme, pas un enfant, pas encore un cadavre… La vie s’enfuit de lui… Ce sang… Tout ce qui lui reste… Et soudain, alors qu’il est en train de mourir, il se sent brusquement concerné parce monde, ce monde qu’il est à jamais en train de quitter… C’est dans le silence et dans l’indifférence du monde que meurt Silence… Il tombe à genoux, il s’acouffle progressivement dans la neige… Ca y est… Enfin… Silence reçoit en plein cœur une ultime balle… Silence est mort. Le cadavre de Pauline lui servira de couverture… | |
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eleade Plume folle
Nombre de messages : 614 Age : 37 Localisation : a côté de sa filleule adoré ou sur un dragon ^^ Date d'inscription : 08/11/2005
| Sujet: Re: La mort dans le grand froid nocturne (par Nicolas / Serge) Jeu 23 Mar - 3:40 | |
| wooo alors ça t'as bien un style à toi Nicolas... Je dirais qu'il est dur, froid , tranchant comme une lame d'acier. Profondément imprégné de culture et d'histoire (à mon goût trop mais bon chaqun ses gouts). Bref j'aime bien jte vois bien dans le genre thriller, série noire. | |
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